Les Marocains raillent le Makhzen après la visite de Boulos à Alger : un milliard pour rien !
Massad Boulos n’a pas tari d’éloges à l’égard de l’Algérie. D. R.
Par Mehenna H. – La visite de Massad Boulos, le très proche conseiller du président américain Donald Trump, en Algérie est loin d’être passée inaperçue au Maroc. A Rabat, en effet, elle a provoqué un grincement de dents. Et pour cause. A l’issue de l’audience que lui a accordée le président Abdelmadjid Tebboune, le conseiller américain a livré une déclaration particulièrement élogieuse à l’égard de l’Algérie, saluant son rôle stratégique, sa stabilité et sa capacité d’influence sur les grands équilibres régionaux. Une sortie dithyrambique qui a rapidement fait réagir de l’autre côté de la frontière.
Au Maroc, les réseaux sociaux et certains cercles politiques n’ont pas manqué de tourner en dérision le régime, interrogeant avec sarcasme l’utilité du milliard de dollars dépensé pour obtenir l’accession du royaume au «Conseil de la paix» pour Gaza, mis en place par l’establishment Trump, aux fins de renflouer ses comptes bancaires et ceux de ses amis businessmen. «Un milliard pour finir figurant et rapprocher davantage Washington d’Alger», ironisent les commentateurs, soulignant le contraste entre cette coûteuse opération diplomatique et l’accueil réservé à l’Algérie par un acteur clé de l’entourage du président américain. Une comparaison d’autant plus cruelle que la visite de Massad Boulos à Alger confirme une réalité géopolitique difficile à contester.
C’est que l’Algérie demeure l’acteur majeur en Afrique du Nord et au Maghreb. Sa puissance militaire constitue l’un de ses principaux leviers d’influence. L’armée algérienne vient, en effet, d’être classée première sur le continent africain et dans le monde arabe par le dernier index du très sérieux magazine spécialisé américain Military Watch. Un classement qui consacre des années d’investissements, de modernisation et de professionnalisation des forces armées, et qui conforte la position de l’Algérie comme puissance de stabilisation régionale incontestée.
A cette force de dissuasion s’ajoute une diplomatie efficace, pragmatique et constante. Fidèle à une ligne souveraine, l’Algérie a su maintenir des canaux de dialogue ouverts avec les grandes puissances tout en affirmant son indépendance de décision. Cette combinaison de crédibilité militaire, d’expérience diplomatique et de constance stratégique lui confère aujourd’hui le statut d’Etat pivot, sans lequel aucune initiative régionale d’envergure ne peut réellement aboutir.
A l’inverse, les dirigeants marocains, persuadés de pouvoir «acheter» un appui durable auprès de Donald Trump et de son administration, se sont une nouvelle fois emmêlé les pinceaux. La visite de Massad Boulos à Alger, et surtout le ton de ses déclarations, apparaît comme un rappel sévère des limites de la diplomatie transactionnelle lorsque celle-ci se heurte à des réalités géopolitiques solides.